À propos de Christian

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Doralis – un endroit qui a changé ma vie et où je me suis retrouvée

Je suis aux Jardins depuis un an. Je suis cubaine et je suis arrivée en France en 2012. De tous les emplois que j’ai eu, c’est ici, aux Jardins où je me suis retrouvée, parce que l’ambiance est conviviale, il y a le mélange de différents pays. Il y a tout, des français, des cubains, des argentins, des marocains, … Tout ça me rappelle ma culture. J’aime bien travailler la terre aussi, ça me rappelle là-bas.

Travailler aux Jardins m’apporte beaucoup de choses, le moral, l’envie d’avancer, on nous encourage beaucoup à faire le métier que nous voulons faire plus tard, on a la possibilité de partir en stage, de travailler en remplacement. Mon projet personnel, c’est de travail dans les structure Maisons de Retraite. J’ai déjà fait des stages en maison de retraite et en tant qu’employée à domicile. J’ai aussi eu la possibilité de faire des remplacements à l’hôpital en tant qu’agent hospitalier. Et ça s’est bien passé. Le projet, c’est de partir avec des formations et du travail. On est très bien guidé sur le chemin pour l’avenir.

Avec les Jardins de Cocagne, je fais la préparation du code de la route avec LUTILEA, J’ai appris pas mal de panneaux, je n’ai jamais conduit de ma vie, c’est difficile, mes notes ne sont pas les meilleures, mais ne sont pas les pires, non plus. J’apprends beaucoup de choses ici, par rapport à la difficulté que j’ai par rapport à la langue française. Avec les autres collègues aussi, on a tous les mercredis après-midi des bénévoles très gentils, qui viennent nous apprendre le français, et l’informatique. Il y a pas mal de possibilités que nous découvrons. Je me sens bien ici, on s’entend bien avec les collègues les uns les autres, ça se passe bien.

Ici, je suis comme si j’étais à Cuba, je me sens bien, il y a du dynamisme. Bon, c’est 2 ans maximum. Pendant ces 2 ans, ils essayent que nous ne partions pas sans rien, une formation ou un travail, quelque chose, pas sans rien. Je trouve cela très très bien de la part du côté administratif. Je suis contente. Je pense repartir d’ici avec quelque chose parce que déjà j’ai fait un remplacement à l’hôpital et deux stages à domicile et tout s’est très bien passé.

Je voudrai travailler dans une structure, travailler avec des personnes. J’ai déjà travaillé, j’ai l’expérience, …Comme je suis trop gentille avec les gens, il faut que j’apprenne à garder un peu plus de distance professionnelle, mais sinon, ça va. C’est pour cela que j’aime bien ce travail, je me sens utile, de pouvoir les aider.

La difficulté, c’est mon accent surtout, nous parlons très vite dans mon pays à Cuba. Le conseil en France, c’est qu’il faut articuler, il faut parler doucement, je n’ai pas l’habitude d’articuler, l’articulation, c’est important, mais bon, petit à petit, j’apprends. Les bénévoles qui travaillent ici sont là pour nous aider. Le mercredi, j’apprends la conjugaison, tous les verbes, l’écriture, la lecture, je me débrouille pas mal en écriture, en lecture, et j’essaye de me faire comprendre.

Le travail d’équipe, c’est important, il faut bien organiser l’équipe dans les champs, dans la récolte, mais ça se passe très bien. Le matin, le patron il distribue le personnel aux endroits où nous devons aller, et ensuite, chaque équipe fait sa partie. Et ça aussi, ça change parce que nous ne sommes pas tout le temps dans le même poste. Une personne qui a fait la récolte, demain peut-être elle sera dans la serre ou à semer, pour que chacun fasse un peu de tout. Finalement on passe par tous les postes.

Ça me plait tellement, ça a changé ma vie, quand je partirai, j’emmènerai un joli souvenir du travail que j’ai fait aux Jardins de cocagne, de mon expérience, de travailler la terre, j’aime bien. Ça a changé ma vie parce que c’est un endroit où je me suis retrouvé moi-même, un endroit communicatif, j’en avais besoin, tout simplement. Je voulais changer un peu, changer de culture. Retrouver, je ne sais pas comment le dire en français, un poco de agitación, de dinamismo, de sonrisa, (un peu d’animation, de dynamisme, de sourire).

Note : le texte de l’entretien a été légèrement adapté pour faciliter la lecture, notamment en adaptant le français

Doralis, une salariée en insertion

Doralis – un endroit qui a changé ma vie et où je me suis retrouvée2021-04-07T06:32:11+02:00

Jean-François – une équipe et des talents

En ce moment, c’est l’époque du désherbage, parce que presque toutes les cultures d’automne sont déjà en place. On a donc beaucoup de désherbage à faire et un peu de plantation de salades (chicorée, scarole, frisée, batavia).

A l’extérieur, la culture de plein champs, on fait encore quelques semis directs. Un semi direct, c’est lorsqu’on met la graine directement dans la terre sans repiquer. C’est le cas des navets, des radis noirs, des radis longs, par exemple. Il reste aussi, bien sûr, encore beaucoup de récoltes à faire.

En septembre, il va y avoir beaucoup de choses dans les paniers. On aura du potimarron, des haricots en grain, des haricots verts, toujours des tomates, des aubergines, des poivrons, des salades, des oignons, de l’ail, de l’échalotte, peut-être un peu de chou. Je ne veux pas trop m’avancer parce que je ne suis pas sûr, ça dépend de la nature.

Et il y aura plein d’autres choses, bien sûr : des pommes de terre, des carottes, du céleri, des courgettes, des pâtissons. Et des aromates aussi. En plein champ, à partir du début octobre, on ne plante plus rien, à part l’ail qu’on laisse tout l’hiver.

Sous les serres, nous sommes en train de défaire les cultures de printemps, et de réimplanter les cultures d’automne. Donc, par exemple, en août, on a planté des haricots, pour le mois d’octobre. Réimplanter, c’est-à-dire qu’il faut d’abord nettoyer la serre et la remettre en culture avec des nouveaux légumes. Donc on commence par travailler le sol puis faire des plantations. On a commencé par les haricots, puis, autour du 15 août, on a planté la mâche pour l’avoir autour de fin octobre. On a vraiment un gros travail à faire autour du nettoyage des culture pour les enlever et replanter ensuite de nouveaux légumes. C’est un travail qui va nous occuper jusqu’à début décembre sous les serres.

Je pense que nos adhérents se rendent compte qu’il y a plus de variétés de légumes qu’avant. Par exemple, l’hiver, on fait des endives, ça plait aux gens car c’est ce qu’ils attendent. Tous les maraichers ne font pas des endives parce que c’est une culture où il faut désherber, comme la carottes, et cela prend du temps. Ce qui est bien aux Jardins de Cocagne, c’est qu’on a une équipe, il y a du monde. Bien encadrée, le boulot se fait plus facilement et ça nus permet de faire certains légumes, comme les endives, qu’on ne ferait pas autrement. La culture de l’endive est une culture technique. C’est une culture qui est longue et qui sort de l’ordinaire. Ce n’est pas une légume qu’il suffit de semer et de récolter ensuite, comme la carotte. Avec l’endive, on cultive en deux temps, d’abord la racine puis ensuite le chicon. Ça commence en pleine terre, dehors, et ça continue après en chambre tempérée en hiver. On déterre la racine et on va la réimplanter dans des bacs avec de la terre et de l’eau dans le noir pour que l’endive ne soit pas amère. Dans le temps, les anciens faisaient un trou et mettaient les endives sous des feuilles. C’était physique.

Cette année, on aura au moins autant d’endives que l’année dernière. Donc, on devrait en trouver au moins une fois par mois dans les paniers. Si il y en a plus, on les mettra sur les marchés. Dans le futur, vous savez qu’on devrait avoir un nouveau bâtiment où il y a aura plus d’espace et une serre tempérée. En hiver, avec cette serre, on aura des endives, bien sûr, et en été, j’aimerai bien faire des champignons. On ne pourra pas faire de la pleurote, parce que c’est très compliqué, car il faut beaucoup d’hygiène et un suivi très précis. On fera plutôt des champignons de Paris, c’est plus simple, moins délicat à cultiver.

Pour finir, un mot de la fête des 20 ans des Jardins de Cocagne. Pour les 20 ans, on va nettoyer, tondre, désherber la cour. Le fait que les jardiniers soient invités, ça crée une dynamique pour eux. Ils sont les acteurs des Jardins. Si ils ne sont pas là, il n’y a personne. Ils sont assez contents et ils vont s’impliquer. Je les ai sentis assez enthousiastes. Il y a des bonnes équipes en ce moment. Les jardiniers sont assez motivés. Ça aide vraiment au bon fonctionnement des Jardins.

Ils seront donc mobilisés pour tout mettre en place. Ils vont notamment tenir le stand de légumes. Certains prévoient de faire des petites animations, mais c’est eux qui décident et je garde la surprise. Mais nos jardiniers ont du talent. Alors, on verra…

Jean-François – une équipe et des talents2021-04-07T06:30:47+02:00

Jean – Bénévole, c’est du bonheur

Mon rôle de bénévole aux Jardins de Cocagne est d’apporter un complément, parfois même plus qu’un complément, de formation aux Jardiniers. Je donne des cours de français ou de mathématiques, mais cela va bien au-delà de cela. Les Jardiniers sont des gens qui sont sous contrat aux Jardins de Cocagne, ils sont employés et rémunérés par les Jardins de Cocagne, mais ils sont dans le cadre d’un contrat aidé, c’est à dire qu’ils fournissent un travail qui leur est rémunéré mais aussi ils ont l’obligation de suivre une formation, parce que les Jardins de Cocagne n’est pas seulement un producteur comme les autres, c’est aussi un moyen d’insertion ou de réinsertion et ça s’est important car cela figure véritablement dans leur contrat. Les gens que je prends, on s’est choisi mutuellement, même si ils sont obligés de venir travailler avec moi ou avec n’importe lequel des autres bénévoles puisque maintenant on est une équipe assez nombreuse.

Je suis venu aux Jardins en tant que client. On est venu avec ma femme une fois et on a dit qu’on voulait prendre des paniers et en discutant avec la directrice, on a eu l’occasion de lui dire que cela faisait des années qu’on faisait de l’enseignement et que si elle avait besoin ou les Jardins avait besoin de nos services, on était disponible. Ça s’est fait presque tout de suite.

La plupart du temps, les Jardiniers que l’on forme sont d’origine étrangère, même si il y aussi des français. Ce sont des gens qui ont des difficultés avec la langue. Faut vous dire que aussi dans leur cursus aux Jardins de Cocagne, ils vont avoir des tests à passer et des tests d’embauche et leur premier écueil, c’est de pouvoir réussir ces tests, et c’est à quoi je m’attache. La 2ème spécificité c’est qu’on a un temps très limité puisqu’ils ont un contrat renouvelable 2 fois. Donc il y a un peu une course contre la montre. Il faut s’adapter à chaque personne, à chaque besoin.

Ils parlent parfois des langues totalement différentes de la structure de nos langues, et derrière, il y a l’impossibilité pas lire les plaques, le nom des rues, ne pas bien connaître notre monnaie quand ils vont au marché. Ils sont toujours sur le fil du rasoir, et ça c’est des demandes, c’est un sentiment d’insécurité et parfois, beaucoup plus, un sentiment violent d’être mis au rebut parce que je ne connais pas la langue, et ça on le sent. Mais on ne peut pas intervenir directement, en disant tu as besoin de ceci, tu as besoin de cela, mais il faut qu’on essaye d’adapter notre enseignement, notre façon d’être avec eux de façon à essayer de leur apporter une réponse aux questions angoissantes qu’ils se posent.

Et ça c’est extrêmement important. Ici ils sont dans un milieu relativement sécurisé et sécurisant. C’est aussi une des spécificités des Jardins de Cocagne.

J’ai travaillé tout l’été, notamment avec un jeune avec qi j’ai commencé le 27 juillet pour la 1ère fois. Il y en a un autre que je n’ai pas vu depuis largement plus d’un mois, parce qu’il était en congés et maintenant il est en congé de maladie, et honnêtement, ça me manque. C’est un gars qui a de réelles possibilités et des connaissances, mais qui ne sait pas les exploiter, qui ne sait pas les exprimer. J’ai un autre jeune, actuellement, qui n’a jamais été à l’école, il a 24 ans, il est tout fou, il est passé par la rue, ben, ça aussi c’est important. Ici, il est véritablement, en ré-insertion, c’est à dire, qu’il réapprend à dormir dans un lit, à ne plus être dans la rue, à ne plus subir la violence de la rue parce que c’est un milieu extrêmement violent, il a à réapprendre les horaires parce qu’ici, en été, ils commencent à 7h00 et ils finissent à 13h00. Et moi, je l’ai connu au début où ça lui demandait un tel effort que je n’arrivais pas à travailler une heure avec lui, il s’endormait littéralement, donc voyez, c’est véritablement des situations tout à fait différentes, d’un individu à l’autre.

Il faut dire que le bénévolat, c’est du bonheur. Ah oui. Ils (les Jardiniers) nous donnent aussi beaucoup, ils nous donnent envie de continuer, l’envie de se battre, parce que c’est un véritable combat qu’on mène, contre l’insécurité, contre le racisme, parce que ça joue aussi énormément. Je sais que je ne dis pas à tout va que je suis bénévole mais quand je le dis, parfois, on me dit « tu as bientôt 80 berges, tu ne peux pas t’occuper de toi au lieu de t’embêter à venir travailler pour les autres ». Moi, ça ne me pose aucun problème, au contraire. Ce n’est pas du sacerdoce, il ne faut pas voir cela sur un plan misérabiliste. On est là parce qu’on a besoin de nous. Et je crois que quand on regarde une petite équipe comme celle d’ici, il y a une solidarité entre nous, on a les mêmes objectifs, on cherche la même chose.

Humanité, c’est certainement un des mots clés de notre action. Quand on voit les injustices qu’il y a tout autour de nous, on n’a pas envie de s’arrêter.

Il y a une remarque que je peux faire, c’est l’absence hurlante des hommes. Il n’y a que des femmes, je crois qu’ici on est peut-être 2, j’en suis pas même pas sûr, je suis peut-être le seul. Je ne sais pas, ils font de la pétanque, ils font de la course à pied, je ne sais pas ce qu’ils font, mais dans toutes ces associations à caractère social, il n’y a pas d’hommes. Dans toutes les associations, ce sont des associations que les femmes font marcher, elles le font aussi bien que nous, les hommes

Je pense qu’il y a d’autres associations qui soutiennent des clubs sportifs de trucs comme cela, il y a certainement d’avantage d’hommes, mais là, ça n’intéresse pas beaucoup les hommes. Pourquoi, je ne peux pas vous dire, je le constate.

Cela fait un peu plus de 10 ans que je fais ce travail, et le manque d’hommes est hurlant.

Moi, je me suis rendu compte un jour que je n’allais jamais vers les autres. Dans une formation que j’ai suivie en tant que bénévole, je l’ai compris. J’ai vu que d’autres avaient une facilité à aller vers les autres que je n’avais pas. J’ai appris à le faire et que je m’y trouve très bien. Je ne donnerai plus ma place.

Jean – Bénévole, c’est du bonheur2021-04-07T06:29:42+02:00

Philippe – un travail qui a du sens, pour transformer notre vie

Etre adhérent aux Jardins de Cocagne, cela représente un engagement, une responsabilité et un espoir. L’engagement d’acheter tous mes légumes toute l’année aux Jardins, et l’espoir d’avoir de meilleurs légumes, de participer à une transformation, une transformation de ma vie, de ce que je mange et de ce que je fais manger à mes enfants parce que c’est important pour moi, une transformation de la manière dont les légumes sont produits, une transformation des systèmes de consommation, et quelque part, ce faisant, du monde et vers où j’aimerais qu’il aille. Et du coup, je peux agir à mon échelle. Je peux agir à mon niveau pour participer à cette transformation.

 

Le volet insertion fait bien sûr partie de notre démarche, même si c’est moins la réalité quotidienne pour moi que les légumes. Travailler, avoir accès à un travail, avoir accès à la société, c’est malheureusement quelque chose d’essentiel dans la société et le fait d’aider les gens à retrouver le sens du travail, ce n’est pas le bon mot car travailler ce n’est pas une fin en soi, mais retrouver une manière d’exister, une manière de s’insérer, et de pouvoir s’assumer, c’est bien sûr quelque chose de très important.

 

Donner un travail qui fait sens, un travail qui est important, produire de la nourriture et de la nourriture bio, pour moi c’est le travail le plus fondamental dans la société, donc, je trouve que c’est chouette qu’on vous donne l’occasion de travailler et de se reconstruire, souvent, pour ces personnes, dans ces conditions-là.

 

Les 20 ans des Jardins, ça me donne à réfléchir, car il y a même 10 ans, je ne pensais pas comme je pense aujourd’hui. Il y a 20 ans, j’allais acheter mes légumes au supermarché, sans l’ombre d’un scrupule, cela me semblait normal, c’est le modèle que j’avais appris de mes parents. Mes enfants se souviendront des Jardins de Cocagne. Je suis très content de venir ici avec mes enfants et je pense que plus tard, ils se souviendront que nous sommes venus ici et qu’ils se souviendront que les légumes poussent dans un maraichage et comme on habite à 800 mètres d’ici, un maraichage qui est juste à côté de la maison. On est venu en vélo ensemble ici et c’est une démarche qui est complète. C’est à dire qu’on est là à proximité, on voit tout ce qu’il se passe, de temps en temps, on va voir le jardin, on voit le tracteur, pour l’instant, c’est surtout le tracteur qui les intéressent, mais voilà, ça fait un sens.

 

Vous savez, une première surprise des Jardins de Cocagne, c’est de se rendre compte que les légumes étaient meilleurs et moins chers qu’au supermarché. J’insiste sur le moins cher. Ils sont bien meilleurs, la qualité est bien meilleure, et le prix est vraiment très acceptable et pour moi, c’est vraiment le signe que c’est l’avenir et qu’on a fait le bon choix en venant ici. Plus de qualité avec le meilleur prix, avec le volet insertion, avec le volet local, avec le volet bonheur de venir ici avec mes enfants et qu’ils voient cela.

 

Et c’est ce que j’espère de l’évolution des Jardins de Cocagne dans le futur, qu’on remette au cœur de la société l’importance de produire localement des légumes de qualité, des produits, des aliments de qualité, des aliments qui fassent sens, des aliments qui fassent cœur avec les gens, que les gens aient vus grandir, que les gens se réjouissent de manger à nouveau, quand je dis réjouir, c’est attendre les tomates tout le printemps en se disant c’est bientôt le temps des tomates, parce qu’ils les ont vus grandir, peut-être qu’ils les ont semées, peut-être qu’ils ont participé à cela. On voit de plus en plus, dans les quartiers, des jardins partagés, des trucs comme cela, dans 20 ans, je pense que ce sera une norme, on verra des jardins sur les toits, il y aura des jardins partout, en ville, dans les parcs, sur les ronds-points …même dès aujourd’hui avec les Incroyables Comestibles qui est une initiative que j’adore.

 

Je suis fier de dire autour de moi que les légumes sont meilleurs et pas plus cher qu’au supermarché. Les gens sont surpris, les gens n’y croient pas, pourtant les gens qui viennent manger chez moi s’en rendent bien compte. Ce que je dis aussi c’est que c’est possible. Souvent, un des freins des gens, c’est de dire, je n’ai pas envie de cuisiner, je ne sais pas quoi faire de ces légumes tous bizarres. Bien sûr l’été c’est facile, mais l’hiver, il faut savoir aussi quoi faire de ses rutabagas, et de ses radis noirs. Mais ça s’est aussi une transformation. Mon rôle d’adhérent, c’est de dire que c’est possible, de montrer l’exemple. Je ne peux pas faire grand-chose de plus, mais c’est pas si peu que ça. Parmi mes voisins, il y a des gens qui sont aussi adhérents. Mon rôle d’adhérent c’est de soutenir, c’est d’être là, de revenir années après années, continuer à acheter et continuer à m’engager pour que le Jardin de Cocagne puisse s’inscrire dans une démarche durable.

 

Dans 20 ans, peut-être que le rôle que la Société demandera aux Jardins de jouer sera une autre forme de réinsertition : réinsérer les gens dans une vie et une alimentation saine, dans un rapport directe à ce qu’ils mangent. Le rôle des Jardins de Cocagne sera de former, de former les gens, le plus grand nombre possible, de transmettre, de planter cette graine, que cette graine qui aujourd’hui produit des légumes, produira des agriculteurs, ou des maraichers mais à l’échelle microscopique, à l’échelle de l’individu, que les gens recommence à produire eux-mêmes leurs légumes. Et cette compétence, le Jardin est certainement en train de la préparer aujourd’hui. Les gens formés au jardin aujourd’hui auront alors un savoir-faire d’une valeur très importante.

 

Philippe, Adhérent des Jardins de Cocagne

Philippe – un travail qui a du sens, pour transformer notre vie2021-04-07T06:28:31+02:00

Les Jardins ont 20 ans

PORTES OUVERTES de nos 20 ANS
le Samedi 16 septembre 2017 !

De 14h00 à 18h30, rejoignez-nous pour un après-midi de découvertes originales et conviviales de nos Jardins, à l’occasion des 20 ANS de l’association !

Les Jardins ont 20 ans2021-04-07T06:25:03+02:00

Alain – Les jardins, une entreprise à dimension humaine et solidaire

Pour moi, les Jardins sont une belle aventure à laquelle j’ai eu le privilège de participer depuis sa création, sa genèse. Je faisais partie du groupe qui, dans les années 1995, travaillait à une préfiguration, de ce qui allait devenir les Jardins de Cocagne. L’association a vu le jour en 1997 et, j’ai été adhérent tout de suite, dès la création.

 Aujourd’hui j’assure la Présidence de l’association mais je tiens à préciser que je ne suis que le représentant du Conseil d’Administration, dans le cadre d’une gouvernance collégiale, ceci est la seule légitimité de mon mandat. Le président est effectivement le représentant de l’association dans ses démarches juridiques, de représentation, mais nous avons souhaité mettre en place un fonctionnement, aux Jardins, qui s’appuie sur la collégialité, et c’est une véritable richesse car nous sommes aux fondements même de la vie associative.

Nous allons bientôt fêter nos 20 ans. C’est un véritable plaisir d’être un des membres de la gouvernance de cette association avec cette fonction de présidence et j’en suis plutôt ravi car aujourd’hui les Jardins vont plutôt bien. Il y a eu des années de bouleversements, de déplacement, de déménagement, voire de turbulences, mais nous avons aujourd’hui atteint un seuil de stabilité même si nous savons pertinemment que la vie des Jardins n’est jamais un long fleuve tranquille et qu’il y aura toujours des péripéties, des aventures, mais aujourd’hui nous sommes plutôt dans une situation positive

C’est toujours un exercice compliqué que de définir en quelques mots un dispositif, qui est complexe dans son organisation, mais je dirais qu’il y a des mots clés incontournables. La Solidarité d’abord, car nous sommes dans une structure où la notion de solidarité et d’humanité est prégnante. « Vous avez besoin de légumes, ils ont besoin de travail, ensemble cultivons la solidarité », ceci est fondamental. Et puis nous sommes une véritable entreprise à dimension humaine. Une véritable entreprise qui aujourd’hui produit dans des conditions professionnelles, des légumes de qualité. Nous contribuons ainsi au développement et à la sensibilisation à l’alimentation saine, ainsi qu’aux circuits courts de distribution, autant de valeurs qui aujourd’hui font largement écho à toutes les problématiques auxquelles nous sommes confrontés et qui sont de vrais sujets de société.

Nous nous revendiquons  aujourd’hui en tant qu’acteur économique du territoire de par la taille de nos espaces cultivés, (8 hectares), de par la production (65tonnes en 2016), de par les moyens techniques que nous mettons  en œuvre, de par les personnels d’encadrement qui sont de véritables professionnels du maraichage. Nous sommes aujourd’hui véritablement passés à une dimension d’entreprise sans pour autant perdre nos valeurs fondamentales qui sont celles de l’accompagnement, de la dimension humaine et la dimension associative. C’est certainement ce qui a le plus changé en 20 ans. Et c’est cette évolution qui nous permet aujourd’hui d’assurer notre pérennité.

Il y a 20 ans nous étions les seuls sur le territoire à être dans un système de distribution en circuit court, nous étions vraiment parmi les très rares producteurs maraîchers bio  sur le secteur. Depuis les choses ont évolué. C’est aussi s’inscrire complétement dans ce mouvement de prise de conscience, même si il n’est encore pas suffisant, de la nécessaire alternative à une agriculture intensive, à du productivisme à tout prix .Nous sommes des contributeurs de cette mutation, et c’est tant mieux.

Un de mes souhaits pour l’avenir  serait de continuer à faire la promotion des bienfaits d’une alimentation saine et de proximité, car cela fait partie des enjeux de notre société. Faire passer cette information-là, être dans un travail d’explication, voilà une des missions des Jardins de Cocagne qu’il sera nécessaire d’intensifier dans les années à venir.

Dans les projets, j’aimerais que nous arrivions à développer une plus grande diversité de production, comme la production fruitière bio. Nous allons notamment implanter un nouveau verger très prochainement.

Pour conclure, je crois que nous pouvons affirmer que les Jardins sont une belle  aventure collective en mouvement. Il nous faut l’enrichir de projets nouveaux, de productions nouvelles mais aussi de toute la dimension humaine pour que chacun ici puisse se sentir bien à sa place. Que chaque salarié qui vienne travailler mesure l’importance de sa mission. Qu’il puisse se dire que son travail est reconnu et qu’il appartient à un collectif, une véritable équipe, qu’il a un véritable rôle social dans la société, comme tout salarié d’entreprise. Mais son passage aux jardins ne sera que temporaire car il va assurément retrouver  le chemin de l’emploi durable ! Utopie !! Vous avez dit utopie ? N’est-ce pas cela qui nous anime et donne du sens à toutes nos actions !!!

 

Alain Sève, président de l’Association des Jardins de Cocagne de Mâcon

Alain – Les jardins, une entreprise à dimension humaine et solidaire2021-04-07T06:28:23+02:00

Ils vous parlent des Jardins …

… à l’occasion des 20 ans

Qui pourrait mieux parler des Jardins que ceux qui les font vivre : nos adhérents, nos maraîchers, nos bénévoles, nos salariés en insertion, notre directrice et notre président ?

En quelques mots, ils nous racontent les Jardins …

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Ils vous parlent des Jardins …2021-04-07T06:39:47+02:00
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